Gavotte du Bas-Léon

Publié par Claude Max JACOB

La gavotte était dansée sur une zone importante du Bas-Léon où de nombreuses variantes ont été recueillies.  Elle a été signalée sur les communes les plus à l’ouest du Léon, allant de Plouzané à l’Aber Wrac’h,
C’était la danse principale de ce secteur dans lequel elle côtoyait les rondes et plus tardivement les laridés
La forme d’appui est identique à celle des gavottes des montagnes ; appui initial sur le pied gauche, changement d’appui en 3 et 4, appui continu du pied droit en 7 et 8. La progression de la danse se fait vers la gauche, le balancement des bras ne répond à aucune règle précise.
Particularité de la gavotte du Bas-Léon est la dissociation du balancement des bras et des pas (pieds), je m'explique : Le départ de la danse peut intervenir lorsque les bras vont en avant ou en arrière (peu importe) et l'appui croisé de la jambe droite au temps 5 peut s'effectuer par devant ou par derrière le pied gauche (en fonction du balancement des bras principalement). 
Autre particularité : le mouvement que pouvait avoir la jambe gauche aux temps 7-8. Parfois balancée par devant, par derrière, avec un skolpad, avec des amplitudes très variées laissant beaucoup de liberté et fantaisie aux danseurs et danseuses.(1)
Il est intéressant lire (ou relire) les anecdotes recueillis par J.M. Guilcher sur la relation qui pouvait exister entre la danse et le danseur, particulièrement la phrase d'un vieux goémonier de Saint Pabu : "Mettons que j'aurais enterré mon père le samedi. Si j'avais rencontré une ronde le dimanche, je n'aurais pas pu m’empêcher d'y entrer".

 
Le style
 
Comme toutes les danses du Léon, elle se caractérise par un balancement ample et énergique des bras.
Le style variait en fonction des formes qu’elle revêtait (ronde, chaîne ou cortège). La ronde était la forme la plus courante. La danse en cortège était essentiellement utilisée pour les mariages lorsque les couples se déplaçaient. C’est la forme la plus sobre car le but premier est avant tout d’avancer. Dans le secteur de Lannilis, où elle avait remplacé la ronde, est venu s’intégrer une une “broderie” du sud Cornouaille, due aux relations étroites entretenues entre les ports du sud et du nord Finistère.
 
Le tempo de la danse va de la marche alerte à la course modérée. Les appuis, bien marqués, se succèdent avec légèreté. Les temps 7 et 8 donnent lieu à de multiples broderies (saut, jeté de jambes, skolpad)
Vers la pointe du Conquet, le tempo est plus lent, ce qui permet aux danseurs de donner à la danse une forme “chaloupée”, c’est-à-dire que les danseurs sont alternativement tournés dans le sens du déplacement de la ronde puis plus ou moins en sens contraire (au temps 4).
 
(1) : La manière de danser aujourd'hui n'a plus rien à voir avec le style décrit par J.M. Guilcher et les témoignages recueillis. Le maintient de l'appui au sol au temps 8 n'était pas de mise, cette façon de faire est apparue lors de démonstration de la danse par des personnes trop âgées pour garder l'équilibre sur un pied. Ne pas oublié que la danse n'avait plus cours lorsque les groupes de danses et cercles celtiques se sont constitués.
Gavotte en Bas Léon

Gavotte en Bas Léon

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